Le père Régent, jésuite, aborde le discernement en partant du désir de servir et d’aimer un peu plus.

1) La pyramide de François de Sales

Ensemble de critères.

Niveau 0 : nous sommes traversés par des sentiments. Nous sommes le siège de nos pensées et allons définir une question, poser une problématique en nous mettant face à nous-mêmes.

Niveau 1 : c’est la « pesée » des raisons. Pour une solution, raisons favorables et raisons défavorables. Nous allons raisonner, argumenter, qualifier.

Niveau 2 : comme il s’agit pour nous d’un discernement chrétien, ici intervient le moral, grâce à des indicateurs plus fins qui nous sont donnés par l’Eglise.

Niveau 3 : devant Dieu et les êtres qui nous sont chers, en ouvrant nos oreilles pour entendre, nous essayons d’entendre ce qui nous semble raisonnable.

Niveau 4 : « La fine pointe de l’âme » selon St F. de Sales. Au passage à l’acte, il y a un avant et un après. Le niveau 4 est « sans raison ». A ce niveau, intervient notre liberté. C’est noble, normal.

2) Tout discernement se fait en vue d’une finalité

Il faut distinguer la fin et les moyens. Si notre réputation est une fin, nous sommes   tentés par le mensonge, le déni. Si elle est un moyen, c’est différent. Comme chrétiens, la fin c’est respecter l’autre. Ignace dit : « Il faut aller vers l’indifférence. » Devenir indifférent, c’est choisir ce qui sera le bien de l’autre et non mon confort. Le discernement porte sur les décisions possibles et doit être effectué dans le calme et la paix intérieure, pour faire l’œuvre de Dieu.

3) Le rapport à l’autre

Pour discerner, on peut s’entourer de conseils pour arriver à la « fine pointe de l’âme. » Le rapport à l’autre va prendre une couleur particulière en fonction de ma décision.

Quelques critères pour discerner : la simplicité, la joie, la paix, la sérénité dans la mise en œuvre. Un bel exemple : Marie, lors de l’Annonciation : « Qu’il me soit fait selon Ta Parole ». Objet du discernement : tout n’est pas à discerner. On ne peut pas tout bien faire en vue d’être irréprochable. Ce n’est pas humain et c’est une injure à Jésus car nous avons à vivre sans cesse de l’expérience du pardon. « Je ne réalise pas le bien que je voudrais, mais je fais le bien que je ne voudrais pas. » Saint Paul (7, 18-25a)

Se décider devant Dieu

L’homme est le partenaire de Dieu. La prise de décision est alors une attention aimante à Dieu, elle nous incarne. Nous avons sans cesse à donner notre acquiescement à l’Esprit de Dieu.

Petite histoire sur le discernement : un jour, Jean Vanier, dans la rue, est rattrapé par une personne qui veut lui parler. Mais il est très pressé, il n’a pas le temps. Il s’en va mais il a des remords. Il s’apprête à faire demi-tour. Alors une voix lui dit : « Tu n’es que Jean Vanier, tu ne peux devenir le sauveur du monde ! »

Chantal Megglé