Edito du 16/09/2018

Parler une langue, mais sans avoir à l’apprendre ; jouer d’un instrument, mais sans s’embêter à connaître le solfège ; avoir une bonne note, mais sans travailler ; manger des crevettes, mais sans avoir à les décortiquer ; vouloir la fève, mais sans finir la galette ; jouer les matchs, mais sans s’entraîner… La liste pourrait être longue ! Et ce dimanche, nous pourrions rajouter une autre expression : vouloir la gloire sans la croix, la Résurrection sans le Calvaire.

Dans l’Evangile que la liturgie nous propose, saint Pierre s’illustre par deux prises de parole contradictoires. La première est suscitée par cette belle question de Jésus : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? ». Et saint Pierre de répondre : « Tu es le Christ ». Quelques mots pour résumer toute la foi et l’espérance d’Israël : la venue du Messie. L’apôtre reconnaît en Jésus celui annoncé par les prophètes et attendu par tous : le Christ, l’Oint de Dieu, l’Elu qui doit délivrer Israël. Cette profession de foi est profonde et sincère comme en témoignent les autres évangélistes.
Quelques lignes plus tard, alors que Jésus annonce qu’il doit souffrir et mourir, Saint Pierre lui fait de vifs reproches. Comment le Messie pourrait-il bien mourir rejeté des Juifs ? Et pourtant, Jésus mourra sur la croix, devenue depuis pour tout chrétien un signe de victoire. Le scandale de la croix est sagesse pour Dieu.

Au début de cette année scolaire, cherchons à voir le monde à la façon de Dieu, avec ses yeux aimants. Demandons-lui de nous aider à purifier notre regard et tous nos sens pour que nous sachions nous réjouir des merveilles du Seigneur dans nos vies, supporter avec persévérance et foi les peines et les souffrance et porter joyeusement notre croix à la suite du Christ. Illuminés par sa résurrection et sa victoire sur la mort, nous sommes déjà sauvés. Du plus profond de notre for intérieur, soyons-en sûrs, la victoire est en nous : on est les champions !

Père Damien Bougas